NB:Pour éviter certaines confusions, et pour plus de clarté, tu peux consulter ce site en guise d'introduction : www.skinlatex.com
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L’envie de parler des gay skins m’est revenue avec
le souvenir d’une interview qui m’a laissé un goût amer dans le numéro deux
(+/- 2003) du zine Wall Street Destroy, juste une question et une réponse
courte qui m’avait gêné. De mémoire c’était du genre :
« - et les gay
skins ?
- ça existe pas, les skins
c’est virils. » …
d’où une envie de donner un peu de visibilité. En
fait j’ai retrouvé le zine et
il s’agit du groupe polonais Wlochaty, la question
c’est : « que
pensez vous des gays skins ? » ,
réponse : « en
Pologne c’est incompatible, l’image du skin est
virile. »… c’est vrai
qu’en Pologne y a pas que l’image du skin qui est virile
et/ou incompatible
avec l’homosexualité. Je précise que je
n’aime pas la France pour ne pas
paraître chauvin, mais je n’aime pas plus la Pologne, pays
où la gay pride a
récemment été interdite pour des soi-disant
raisons de sécurité, et où il fait
pas très bon vivre pour les transpédégouines. Le
problème soulevé par la
réponse c’est le rapport entre homosexualité
masculine et virilité ; dans
la tête du monsieur, le skin est viril et l’homosexuel
non ; hors en
réalité c’est différent. Il y a des gays
efféminés, d’autres moins, d’autres
masculins, d’autres virils, certains trop, et beaucoup sont
relativement
neutres. D’autre part il y une composante dans la panoplie des
fantasmes gays
qui est très lié à la virilité, et
c’est pour ça qu’il y a dans certains
endroits beaucoup de gars qui sont lookés skins, ou en uniforme,
etc. ça peut
parfois aller loin ; j’avoue que ça me fait assez
chier de voir des homos
arborer du kaki ou du bleu marine, des attributs militaires ou
policiers, et il
y a des gays lookés skins qui mettent par exemple des lacets
blancs, sans
savoir la connotation fasciste qui peut aller avec, mais il arrive
aussi que ce
soit en connaissance de cause, et que l’imagerie et les
idées fascistes ou
nazies en fasse bander certains. Tout ça pour dire (contredire
l’interviewé)
que l’homo-sexualité masculine n’est incompatible
avec rien en particulier, que
ce soit les skins, redskins, anars, punks, ou même fafs, flics,
militaires,
etc. je pense simplement que plus le milieu (ou la scène) est
macho et/ou
homophobe, moins les homos sont visibles. Et en ce qui concerne les
gouines,
elles sont encore plus invisibles, sauf peut être dans la
scène punk.
Voici donc la traduction de deux textes paru dans
Maximum Rock’n’roll de juin 92, #109, un numéro spécial queer.
Une parenthèse pour
rappeler, au cas où, que la vraie culture skin n’a rien à voir avec la récupération
qu’en ont fait les fachos. Nazis raus ! Un bon nazi est un nazi mort.
Oï !
PunkPédéPrécaire
Merci à Wendy pour son aide
Skinheads gay : est-ce qu’ils
existent ?
Par B.v.R.
Note : l’article qui suit est basé seulement
sur ce dont j’ai entendu parlé, et sur ma propre expérience.
De premier abord,
l’expression (en elle-même) semblait être une anomalie… mais seulement au
départ. En tant que skin-hors-du-placard, je peux témoigner de l’existence de
gay skins. Ainsi, ayant rencontré d’autres skins gays, je sais que je ne suis
pas le seul. Nous existons, et de ce fait l’expression ne peut pas être une
anomalie.
Au
début et au milieu des années 80, il y avait un groupe en Grande Bretagne qui
s’appelait Gay Skinhead Movement. Evidemment c’était un groupe avec
lequel il fallait compter. Mais alors que l’identité skin se faisait récupérer
par le mouvement nazi et autres groupes n’ayant rien à voir, plein de skins
traditionnels (hétéros et gays) désertèrent la scène. Certains rejoignirent la
scène ska, et bien d’autres devinrent des suedeheads (des skins avec des
cheveux) ou pire encore, délaissèrent la scène tout court.
Le zine J.D.’s raconta la lente
et misérable mort du G.S.M. en Angleterre et lui fit une mémorable nécrologie.
Cependant, selon ce que j’ai entendu dire, le G.S.M. anglais est en train de
ressusciter. Avec de plus en plus de skins faisant leur coming-out, ils
cherchent un groupe auquel s’identifier. Le groupe aux Etats-Unis est toujours
en vie… et bien en vie (heh, heh). Il y a des groupes qui sont 100% homo à
Chicago, New-York et Texas. Je suis sûr qu’il y en a plus, mais ceux là sont
les seuls que je connaisse. Je sais par mon expérience que certains groupes de
skins ont des membres homos et, en général, c’est pas un problème.
Quand
mes frères skins apprirent mon orientation, ils l’ont très bien pris et
sautèrent sur l’occasion. Ils firent savoir qu’ils accepteraient mes amants,
même s’ils n’étaient pas des bootbird (les petites amies des membres de mon
groupe avaient leur propre groupe). Je ne souhaitais pas forcément non plus que
mes amants en soient. Comme les nouvelles vont vite, la connaissance de mon
orientation se généralisa. Inconnus de mes frères, j’ai rencontré quelques
skins planqués ou hors placard venant d’autres bandes (et un couple dans mon
groupe). Les Sharp avaient quelques membres homos. La plupart des skins homos
que j’ai rencontrés avaient des expériences similaires.
C’est
un fait important, de ce que j’ai appris, les skins trads et les sharps
acceptent en général leur frère homo. Je n’ai pas rencontré, ou entendu parlé
d’un skin qui se serait fait exclure suite à son coming-out. J’ai aussi entendu
parlé de beaucoup d’histoires sur des homos super planqués qui traînaient avec
des groupes de fachos et de nazis. Je m’étonne… la spéculation est sans
limite !
Ici
à San Francisco, on est quelques-uns, probablement plus que ce qu’on pense.
Mais malheureusement, il n’y a pas de force cohésive pour nous rassembler. Peut
être un jour…
Une toute différente scène…
Coming-out
d’un skin
Par
Anthony Burgess
Pendant pas mal d’années j’étais le
straight-edge typique. Pas d’alcool, pas de drogues, pas de sexe en dehors
d’une relation monogame. En grandissant ces choses ont changé. J’ai commencé à
lentement effacer les croix noires sur le dos de mes mains.
J’étais
à un concert d’Endpoint (un groupe local de Louisville, KY) à skanker avec les
autres skins. A un moment, alors que je plongeais de la scène, j’ai vu ce type
(un suedehead) qui avait traîné avec des groupes qui faisaient des fêtes avec
ma bande.
Ce
suedehead (un skin qui s’est laissé poussé les cheveux, un petit peu) était le
genre silencieux, mystérieux et agressif. J’étais intrigué, mais je ne savais
pas pourquoi. Comme cela arrive parfois, quand la mêlée bat son plein, des gens
tombent. Si c’est une vraie mêlée, des gens vont te ramasser pour que tu ne
fasses pas piétiner. Je suis tombé. Ce gars (le suedehead) m’a ramassé. La
mêlée bougeait si vite que je fus loin à skanker à nouveau avant d’avoir pu le
remercier.
Vers la fin du concert, je suis sorti griller une cigarette. Je
n’avais aucune cigarette, ni briquet, j’avais alors l’air un peu désespéré.
Cette main, briquet allumé, est apparue près de ma tête. Je me suis retourné et
il était là. Docs, bretelles, torse nu, et si intense.
Il
défronça un peu les sourcils pendant que je le regardais.
D’aussi loin que je
me souvienne, je n’avais jamais été attiré
par un autre homme… mais j’étais là,
moi un skinhead hardcore anti-pédé, paralysé
à mater dans les yeux un autre
skin par qui je me sentais sans plus aucun doute attiré.
Il
me demanda de venir à une fête que sa bande faisait. C’était dans ce grand
squat victorien délabré qu’ils appelaient « maison ».
Pendant
le cours de la soirée on s’est juste maté. C’était idiot mais on pouvait juste
pas s’en empêcher. Après que nous ayons chacun englouti 3 litres de bière, on a
commencé à parler… sérieusement. Dans des termes très prudents et
allusifs, nous nous sommes dit que l’attraction était là.
Nous étions gênés tous les deux
par ce que nous ressentions, mais après un moment nous étions d’accord sur le
fait qu’il n’y avait rien de mal dans nos sentiments. Ce fut plutôt un sacré
retournement par rapport à qui j’étais le jour d’avant. Les gens, et les skins,
peuvent changer.
Il
nous a fallu beaucoup de temps pour s’habituer au territoire inconnu dans
lequel on entrait. Nous n’avons pas couché ensemble pendant presque trois mois.
Mais lorsque cela arriva, ce fut fantastique.
On
est resté ensemble pendant deux ans, et nos bandes respectives l’ont très bien
pris. Il y avait évidemment une petite, mais existante, histoire de skins avec
des bootboys dans le passé de nos groupes.
Mais
après deux ans Kasey fut tué dans une bagarre avec des nazis. Je l’aimerai
toujours et il sera toujours avec moi.