Le webzine du fanzine caca-rose
un zine de transpédégouines féministes libertaires
ce site est en construction
mais ouvert

Ces
pages ouèbes rassemblent plus ou moins le contenu des
numéros parus à ce jours du fanzine papier " mUtanTs At
woRk " . Il s'agit d'un zine DIY
fait par des transexuelLEs, des gouines, des transgenres, des bi(E)s, des pédés,
des queerpunks,... , d'expression, de propagande, parce que la propagande n'est plus
l'apanage des hommes blancs hétérosexuels et bourgeois. Enfin presque.
Et
si t'es pas contentE avec ça, et bien va te faire foutre*
*se faire foutre n'est pas une insulte mais une pratique sexuelle
qui, lorsqu'elle est bien pratiquée et librement consentie,
procure du plaisir.
Il y a un moment où il faut sortir les couteaux.
C'est juste un fait. Purement technique.
Il
est hors de question que l'oppresseur aille comprendre de
lui-même qu'il opprime, puisque ça ne le fait pas souffrir
: mettez-vous à sa place.
Ce n'est pas son chemin.
Le lui expliquer est sans utilité.
L'oppresseur n'entend pas ce que dit son opprimé comme un
langage mais comme un bruit. C'est dans la définition de
l'oppression.
En particulier les "plaintes" de l'opprimé sont sans
effet, car naturelles. Pour l'oppresseur il n'y a pas d'oppression,
forcément, mais un fait de nature.
Aussi est-il vain de se poser comme victime : on ne fait par
là qu'entériner un fait de nature, que s'inscrire dans le
décor planté par l'oppresseur.
L'oppresseur qui fait le louable effort d'écouter (libéral intellectuel) n'entend pas mieux.
Car même lorsque les mots sont communs, les connotations
sont radicalement différentes. C'est ainsi que de nombreux mots
ont pour l'oppresseur une connotation-jouissance, et pour
l'opprimé une connotation-souffrance. Ou :
divertissement-corvée. Ou : loisir-travail. Etc. Allez donc
causer sur ces bases.
C'est ainsi que la générale réaction de
l'oppresseur qui a "écouté" son opprimé est en
gros : mais de quoi diable se plaint-il ? Tout ça, c'est
épatant.
Au niveau de l'explication, c'est tout à fait sans espoir.
Quand l'opprimé se rend compte de ça, il sort les
couteaux. Là on comprend qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
Pas avant.
Le couteau est la seule façon de se définir comme opprimé. La seule communication audible.
Peu importent le caractère, la personnalité, les mobiles actuels de l'opprimé.
C'est le premier pas réel hors du cercle.
C'est nécessaire.
Christiane Rochefort
Définition de l'opprimé